La délinquance, nous le savons est un terme plus sociologique que psychologique. Pourtant, il s’agit du comportement des jeunes. Dans cet article, nous développons la délinquance telle que ressenti dans la famille.
Les parents cèdent l’autorité au jeune
La disqualification parentale la plus courante a évidemment rapport à l’adolescent. Certains parents sont très respectueux de leur enfant et lui ont toujours donné toute la place. En réaction aux interventions du thérapeute, ils vont se tourner vers le jeune et lui demander son opinion. Ils affirment que tout dépend de ce que leur enfant veut accomplir pour lui-même, car tout ce qu’ils désirent, c’est qu’il soit heureux et de faire ce qui est le mieux pour lui. Ce qui nous frappe quand on intervient dans ce type de familles, c’est le fait que les adolescents (des « adulescents ») se situent dans une relation d’égal à égal avec les parents, ils discutent sur le même pied. Ils ont pris toute la place qui leur a été accordée et on sent qu’ils sont habitués à ce qu’on accorde beaucoup d’importance à leur opinion et à leurs états d’âme. Il faut dire que ces valeurs sont très louables en soi ; elles sont certainement préférables à certaines valeurs passées qui donnaient beaucoup de pouvoir aux parents et laissaient très peu de place à l’enfant. D’ailleurs, on n’aurait rien à redire si le comportement irresponsable de l’adolescent délinquant n’entrait pas en contradiction avec son discours. L’autoritarisme répugne profondément aux parents, il est à l’opposé de leurs valeurs les plus profondes. Ils ont donné beaucoup de place à leur adolescent qui veut maintenant en prendre plus, ils comprennent très bien intellectuellement la nécessité d’instaurer des règles et d’imposer des limites, mais cela va à l’encontre de l’attitude permissive qu’ils ont eue jusqu’à maintenant.
Lorsque le thérapeute intervient auprès de ces familles, il doit s’opposer à cette façon d’agir libérale et trop respectueuse. Aux parents il dit que l’adolescent a besoin d’être guidé par eux et que c’est seulement lorsqu’il se comportera de façon appropriée qu’il pourra jouir des privilèges qui sont consentis à ceux qui démontrent qu’il sont capables d’être en charge d’eux-mêmes. Il explique à l’adolescent les avantages qu’il pourra tirer du fait de vivre dans un monde prévisible où il connaîtra exactement ses droits et ses devoirs, ce qui peut lui épargner de subir des punitions arbitraires sans avertissement.
Conduites parentales inefficaces
De mauvaises pratiques parentales, comme l’absence de supervision, une trop grande permissivité, une discipline incohérente ou trop stricte, un faible lien d’attachement et l’incapacité d’établir des limites claires, représentent des facteurs de risque importants de délinquance, de consommation de drogues, de mauvaises performances académiques et d’adhésion aux gangs de jeunes.
Avoir des frères ou des soeurs plus âgés impliqués dans des activités criminelles est également un facteur de risque de délinquance, cette relation étant moins importante lorsque les frères ou les soeurs sont plus jeunes.
Abus de substances de la part des parents
L’enquête The Edinburgh Study of Youth Transitions and Crime (ESYTC) illustre que chez les jeunes de 15 ans, le fait d’avoir un parent qui consomme de la drogue augmente de deux fois les risques qu’ils en consomment eux aussi. Par contre, les jeunes dont les parents ont une consommation excessive d’alcool (21 unités par semaine) ne sont pas plus à risque que les autres jeunes de boire de façon quotidienne.
En tant que parent, comment bien soutenir son ado?
Quatre principes de base de l’entretien motivationnel :
- Exprimer de l’empathie : l’acceptation facilite le changement et l’ambivalence.
- Développer les contradictions : le changement est motivé par la perception d’une divergence entre le comportement présent et les valeurs personnelles.
- Rouler avec la résistance : éviter la morale et de s’opposer à la résistance. Il est important de comprendre que la résistance de votre ado à changer son comportement fait partie du processus, c’est un signal pour changer d’attitude. On invite à de nouveaux points de vue, et ce, sans les imposer. L’ado doit être la source première de ses réponses et solutions.
- Renforcer le sentiment d’efficacité personnelle : il faut bien saisir que le crédit accordé par votre ado à ses possibilités de changement est un élément important de la motivation, c’est réellement l’ado qui est responsable de ses choix.Nous vous encourageons à prédire les capacités de changement de votre ado, ce qui favorise sa réalisation.Les petits secrets :– Nous pouvons prédire ce que l’adolescent va faire par ce qu’il dit, environ 85 % du temps. L’entretien motivationnel influence ce que votre adolescent dit en faisant progresser le moteur de changement (les désavantages du statu quo et les avantages du changement) et en diminuant également la résistance de votre ado.– Deux aspects de la motivation chez l’adolescent : l’importance du changement et la confiance en ses propres capacités d’effectuer le changement désiré dans sa vie.Épauler son ado sans le réprimanderN’oubliez pas : on ne peut pas demander à quelqu’un de changer plusieurs comportements à la fois. L’importance des valeurs reliées à l’éducation de votre ado peut être partagée dans la discussion. Nous vous invitons à prendre le temps de discuter avec votre ado, tout en ayant un ton calme et disposé à comprendre la problématique et à trouver des solutions.Serais-tu d’accord pour qu’on discute de la situation actuelle?Quelle est la prochaine étape, pour toiQuel est le niveau d’importance pour toi d’effectuer ce changement dans ta vie?Quel est ton niveau de confiance personnelle en tes propres capacités d’effectuer ce changement?Quelles sont tes valeurs, les nôtres? Qu’est-ce que chacune d’entre elles représente pour toi? Sont-elles importantes pour toi?Comment souhaites-tu aligner ton mode de vie avec tes valeurs?Je suis convaincu(e) que lorsque tu t’engageras à réaliser ce changement, tu trouveras une façon de le concrétiser, à ta manière. Qu’en penses-tu?Peu importe ce que tu décides de faire, petit changement ou gros changement, nous serons là.On ne t’impose rien, on essaie de te comprendre du mieux qu’on peut. Nous désirons être de bons guides pour toi.Je pense que tu as raison à ce sujet.Je comprends en quoi cela pourrait te préoccuper.Je dois te dire que si j’étais à ta place, j’aurais du mal à gérer mes attentes et celles de mes parents, ce n’est pas évident.Je comprends qu’il est difficile pour toi d’entamer cette discussion. Si on y allait une étape à la fois ?Quelles sont tes inquiétudes par rapport à la situation actuelle?Comment, en tant que parent, je peux t’aider à atteindre tes buts? C’est mon seul souhait, à présent.À retenir : c’est votre ado qui doit partager les arguments en faveur du changement.À éviter : donner des ordres, diriger la conversation, faire la morale, juger ou persuader de façon logique.À savoir : « La délinquance est un épiphénomène de l’adolescence, dit Clément Laporte. Même les jeunes de bonne famille n’y échappent pas. Qu’ils proviennent de familles riches ou pauvres, les adolescents se livrent tout autant à la petite délinquance. » Quand elle survient entre 12 et 18 ans, elle fait partie du processus normal de socialisation de l’adolescent, poursuit-il. À travers ces comportements, il teste les valeurs de ses parents et des personnes en position d’autorité.
Que pensez-vous de cet article.
Que devons-nous corriger. Votre commentaire est précieux