La psychologie n’est pas une science exacte. Nous insistons toujours sur ça. Mais on peut prédire grâce à certains comportements la chance ou la probabilité qu’un enfant dévient criminel à l’âge adulte. Cet article se base sur sécurité publique Canada.
Facteurs de risque liés aux comportements antisociaux chez les jeunes
Plusieurs des facteurs de risque importants, traditionnels ou nouveaux, liés aux infractions graves et violentes sont des facteurs de risque environnementaux présents dès les premiers stades de développement (p. ex. la toxicomanie chez la mère, la désorganisation du milieu communautaire, la mobilité résidentielle, l’exposition à la violence et le statut socioéconomique de la famille). D’autres facteurs de risque qui s’associent à l’individu sont à l’origine des comportements antisociaux chez les enfants et les adolescents. Ils comprennent le dysfonctionnement cognitivo-décisionnel (p. ex. la difficulté de faire le lien entre les gestes et les conséquences, de s’adapter aux nouvelles situations ou de traiter l’information afin d’établir des objectifs et de les atteindre), lequel peut devenir chronique dans des situations de stimulation ou des cas d’activité biochimique anormale. Dans le même ordre d’idées, un lien a été établi entre les facteurs psychologiques et la délinquance et les infractions graves et violentes commises plus tard dans la vie. Ces facteurs se lient aux retards intellectuels ou les troubles cognitifs (p. ex. le trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention), certains traits de personnalité (p. ex. le trouble des conduites), une faible capacité d’adaptation et un fonctionnement scolaire déficient. Les facteurs de risque liés à la famille (p. ex. le degré de scolarité et le QI de la mère et les pratiques et les attitudes antisociales des parents) aident à mieux comprendre et à prédire les comportements antisociaux et la violence. Finalement, selon les spécialistes, divers comportements d’extériorisation, comme l’adoption précoce de comportements déviants, la violence, les agressions et la consommation d’alcool ou de drogue, ainsi que les problèmes de comportement d’ordre général sont aussi d’importants facteurs prédictifs de comportements antisociaux futurs.
Profils de risques et méthodes d’intervention proposées
Profil A : Enfants exposés à des facteurs de risque prénataux
Ce profil a pour fondement les dommages prénataux causés par des facteurs comme l’exposition à l’alcool durant la période prénatale, la toxicité et la mauvaise alimentation de la mère durant la grossesse. Si l’on n’intervient pas de façon efficace dès le début de l’enfance, ce profil prédit des comportements agressifs précoces et durables, ce qui favorise l’entrée en jeu de facteurs de risque à des stades de développement ultérieurs jusqu’à l’âge adulte et au-delà. Les interventions qui font la promotion, auprès des femmes enceintes, des grossesses saines et d’une alimentation maternelle adéquate et qui sensibilisent les mères aux méfaits d’une consommation abusive d’alcool ou de drogue durant la grossesse contribuent fortement à réduire les facteurs de risque durant la période prénatale.
Profil B : Enfants ayant un trouble de la personnalité
Ce profil a pour fondement les troubles de la personnalité chez l’enfant, comme le trouble de conduites ou le trouble oppositionnel avec provocation. Les enfants associés à ce profil ont des liens instables avec leurs parents et les personnes qui s’occupent d’eux. Sans intervention précoce, ces enfants adoptent des comportements précoces d’intimidation et connaissent d’autres problèmes majeurs de comportement à l’école. Contrairement aux enfants associés au profil des facteurs de risque prénataux, ces jeunes ont des difficultés sociales et scolaires qui ne sont pas causées par un dysfonctionnement cognitif, mais qui viennent du fait qu’ils s’opposent à l’autorité et manquent de discipline.
Les premières interventions consistent à offrir d’abord à la famille le soutien et les informations nécessaires pour comprendre le trouble de la personnalité et des indications sur des interventions appropriées. Les interventions en milieu scolaire mettent également l’accent sur la discipline ainsi que sur les récompenses positives qui évitent la stigmatisation. Pour les enfants visés par ce profil, il est important de faire diagnostiquer par des professionnels tout trouble concomitant et d’élaborer des plans d’intervention intensifs auprès de l’enfant et de la famille auxquels participeront des pédopsychologues, ainsi que des médecins de famille dans les cas où une médication est nécessaire. Au-delà des interventions qui visent à informer la famille et le milieu scolaire, les activités sportives ou récréatives organisées et supervisées en milieu scolaire et dans la collectivité offrent des solutions de rechange positives et favorables à la vie en société.
Profil C : Enfants aux tempéraments extrêmes
Ce profil met en cause les enfants qui présentent un tempérament extrêmement irritable et agressif, ou un tempérament d’une passivité extrême. Ces tempéraments sont détectables dès l’âge de quatre mois. Le risque est que le lien d’attachement positif entre l’enfant et les parents soit freiné lorsque les parents ne réagissent pas adéquatement aux manifestations de ces deux tempéraments extrêmes. Dans les faits, une relation toujours tendue s’installe entre le parent et l’enfant, ce qui augmente le risque que l’enfant adopte des comportements d’intériorisation ou d’extériorisation. Les interventions doivent se faire quand l’enfant est encore un nourrisson ou un bambin. À ces stades, il est possible de poser un diagnostic clinique de tempérament extrême. La sensibilisation des parents est la première étape à franchir si l’on souhaite leur faire comprendre l’importance de bien réagir face au comportement de l’enfant et favoriser les facteurs de prévention et de promotion de comportements positifs. Durant le stade de développement de la petite enfance, les enseignants peuvent offrir une attention personnalisée en classe et ainsi éviter que les premières expériences scolaires ne deviennent une source importante d’anxiété pour les élèves à forte réactivité ou d’ennui ou de frustration majeurs pour les élèves à faible réactivité. Des communications régulières entre les enseignants et les parents, des programmes de préparation préscolaire (Bon départ) et des programmes sportifs et récréatifs sont des moyens structurés afin d’aider les parents à mieux comprendre les tempéraments des enfants et donc de réduire le risque que ces enfants soient expulsés du domicile familial ou qu’ils le quittent plus tard, aux stades plus avancés de l’enfance ou au début de l’adolescence, ou encore qu’ils changent constamment de foyer d’accueil.
Profil D : Victimes de mauvais traitements durant l’enfance
Ce profil s’applique aux enfants qui sont ou ont été victimes de mauvais traitements très tôt dans leur vie, c’est-à-dire avant l’âge de cinq ans. Au-delà du risque évident de lésions cérébrales permanentes, le principal risque associé à ces mauvais traitements est le trouble de stress post-traumatique (TSPT), qui peut se manifester à tout âge. Ce profil se distingue entre autres par les caractéristiques suivantes : premièrement, il repose sur les risques de mauvais traitements dès les premières années de vie et, deuxièmement, les mauvais traitements durant l’enfance ont de grandes probabilités de passer inaperçus ou de n’être décelés que longtemps plus tard. Souvent, d’autres facteurs de risque se seront ajoutés pour mener ultérieurement le jeune sur la voie de la violence et des infractions graves. Pour ce profil, les stratégies d’intervention mettent d’abord l’accent sur le dépistage des familles les plus susceptibles de commettre des actes de violence à l’égard des enfants. Les médecins de famille, les médecins travaillant dans des cliniques sans rendez-vous, les urgentologues, les infirmières des urgences, les travailleurs sociaux, les éducateurs en garderie et les policiers sont des intervenants qui peuvent aider à détecter les cas les plus flagrants de mauvais traitements faits aux nourrissons et aux bambins, et les enseignants au préscolaire et à la maternelle peuvent aider pour les enfants un peu plus âgés.
Le dépistage précoce des familles à risque est la première étape à franchir pour protéger l’enfant. Il permet d’offrir à la famille un soutien quotidien et des ressources qui réduisent de façon substantielle les risques de mauvais traitements. Lorsque les risques demeurent trop élevés malgré cette assistance, l’étape suivante consiste à examiner les différentes possibilités de retirer l’enfant du milieu familial. En cas de mauvais traitement particulièrement grave, ce genre d’intervention doit être suivi d’une analyse diagnostique complète qui cerne les problèmes de développement, plus particulièrement ceux liés au risque de lésions cérébrales. Les interventions durant la petite enfance visent également à offrir aux enfants maltraités et traumatisés la possibilité d’avoir avec des adultes des relations saines, de confiance et durables dans des contextes autres que le contexte familial. La capacité d’établir ce genre de relation est à la base des programmes d’intervention offerts plus tard dans l’enfance et au début de l’adolescence. En outre, et c’est important de le noter, il existe à l’heure actuelle des programmes cliniques éprouvés et validés pour traiter le TSPT. Une fois de plus, la clé du succès avec ce profil de risques est de cerner très tôt les traumatismes causés par les mauvais traitements et d’éviter les traumatismes ultérieurs en concentrant les interventions sur les traumatismes à l’aube de la vie.
Profil E : Enfants qui deviennent délinquants à l’adolescence
Ce profil s’applique à la grande majorité des jeunes délinquants, mais moins souvent aux délinquants commettant des infractions graves et violentes. La théorie dominante veut qu’à ce stade de développement vers l’âge adulte, celui de l’adolescence, le jeune passe par une phase difficile de transition sur le plan physique et émotionnel. Il existe un nombre important de jeunes dont les facteurs de risque sont concentrés à l’adolescence et qui continuent de commettre des infractions graves et violentes à l’âge adulte. Pour ce profil, la majorité des interventions comprennent les programmes d’intervention traditionnels, y compris le rattrapage scolaire, l’apprentissage d’un métier, les thérapies cognitives, les expériences de vie indépendante et les apprentissages. Un des principaux objectifs de ses programmes est de fournir aux jeunes des modes de vie favorables à leur fonctionnement en société. Encore une fois, une particularité de ce profil est que les jeunes tendent à choisir un mode de vie criminel qui les mène sur la voie de la violence et de la criminalité grave parce que cela leur procure un sentiment d’appartenance à un groupe, un statut, une protection, un revenu et des émotions fortes. Les interventions doivent permettre aux jeunes d’évoluer vers des modes de vie réalistes qui répondent au moins à la majorité de ces besoins chez les jeunes.
Cyniquement, le jeune enfant identifié en souffrance à l’école doit être un prétexte d’avancer une aide à la famille et aux parents souvent déboussolés. Ne faudrait-il pas d’ailleurs parler d’aide sociale aux familles, plutôt qu’à l’enfance sachant que l’enfant fait la famille.
Il ne s’agit pas de multiplier les travailleurs sociaux, exercice d’autant plus difficile que nous sommes dans une période financièrement tendue, ou même de transférer les compétences de l’Etat au Conseil général, mais »simplement » par convention d’articuler les compétences de l’Etat (service social scolaire et service de santé scolaire) et celles des conseils généraux (PMI, Aide sociale et Aide sociale à l’enfance). Il en va de l’intérêt de l’Etat que les enfants soient bien dans leur peau pour assimiler ce qui leur est apporté par l’éducation nationale ; il en va de l’intérêt du Conseil général de ne plus avoir à courir après les familles en difficultés et d’intervenir trop tard avec des instruments trop lourds et couteux (140 000 enfants sont confiés physiquement à l’ASE sur une année) quand en intervenant plus tôt on aurait pu éviter la rupture des liens parents-enfants.
En 2005, L’INSERM est- venue tout polluer avec son travail pour le coup irresponsable quand il y avait déjà un enjeu social majeur pour les familles les plus fragiles de France.
C’est bien d’abord de protection de l’enfance qu’il s’agit. Plus ce dispositif sera performant, plus au final ceux auront été concernés ne seront pas demain en conflit avec la loi. En aidant un, dix, cent enfants à ne pas basculer dans la délinquance, et en remplissant d’abord sa mission d’aide sociale à l‘enfance la prévention spécialisée fait baisser la tension sociale dans le quartier. On peut parfois tenir deux objectifs pour le prix d’un (les 6 milliards de l’aide sociale à l’enfance), à condition ne pas violer l’un (la protection de l’enfance) par les impératifs de l’autre (la prévention de la délinquance).