L’envie irrésistible de boire de l’alcool : comment s’en débarrasser ?

Aujourd’hui les recherches sont avancées et avec la publication du DSM V, il y a un nouveau concept mis en exergue « Craving ».

Le terme « craving » est utilisé en addictologie.il désigneu besoin irrépressible de consommer aussi bien dans le cadre de l’usage d’alcool, d’héroïne ou d’opiacés, de cocaïne, de cannabis, de tabac, ou de jeu d’argent pathologique (DSM-5) et également de sédatifs, d’hypnotiques ou d’anxiolytiques, ou encore d’hallucinogènes ou de substances inhalées à base d’hydrocarbures. Le « craving » peut se manifester longtemps après le sevrage ou la réduction de la consommation d’alcool, et est considéré comme un facteur de rechute.il été peu étudié jusqu’au début des années 2000, mais avec les nouvelles avancées scientifiques, notamment en matière de neurobiologie, et sa prise en compte par le DSM-5, il est devenu un symptôme central en toxicomanie.

Quel est le mécanisme du craving?Il existe différents modèles explicatifs. La prise chronique de substances psychoactives, dont la nicotine, modifie de façon durable le fonctionnement des circuits neuronaux. Les travaux réalisés en imagerie montrent une implication mésocorticolimbique. De nombreux mécanismes neurobiochimiques seraient impliqués dans le craving. La vulnérabilité à la rechute relève de l’interaction au sein des structures sous-corticales (dopamine, Gaba, Glutamate, 5HT…) Plusieurs modèles neurobiologiques ont été proposés: Reward craving (dysrégulation des systèmes dopa/opioïde), Relief craving (Dysregulation GABA/glutamate) Obsessive craving (dysrégulation 5HT).Des aspects psycho pathologiques sont aussi évoqués, notamment la théorie du conditionnement (des stimuli conditionnels induiraient des réponses conditionnées mimant des symptômes de manque dont le craving serait une expression psychique) et des théories cognitives (balance interne/externe; balance entre deux systèmes positifs (stimuli) et négatifs (sevrage) se régulant l’un l’autre; stratégies de coping et de contrôle du sujet). De nombreuses théories sur le craving co-existent donc.

Solutions non-médicamenteuses contre le cravingPour traiter le craving, il convient tout d’abord d’agir sur les facteurs qui augmentent ou diminuent le craving. Exemples de facteurs d’augmentation du craving: exposition aux indices, privation de sommeil, restriction alimentaire, vulnérabilité… Les facteurs qui diminuent le craving sont la motivation, l’alimentation, la relaxation et l’exercice, le traitement de la vulnérabilité et la stratégie de coping. Cette dernière consiste à identifier les situations à risque de craving, éviter l’exposition à des situations à risque, préparer des réponses au craving et s’appuyer sur l’entourage et les personnes-soutien. Le soulagement du craving passe aussi par le traitement des troubles anxio-dépressifs, de la consommation d’autres substances psychoactives, de l’impulsivité, autant de facteurs de risque de craving.Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ont démontré une efficacité dans le contrôle du craving. Les techniques de thérapie cognitivo-comportementales ont pour objectif entre autres l’apprentissage de stratégies de coping. La connaissance puis la maîtrise de ces stratégies permettent d’augmenter la confiance.

-Contrôler les stimulus: connaître les situations déclenchantes (voir des personnes fumer, fatigue, boire de l’alcool…) et mettre en place des stratégies de contrôle du stimulus, par le biais de l’évitement (éviter le contact des fumeurs par exemple), la substitution (apéritif non alcoolisé au lieu d’alcool par exemple) et le changement (boire son café dans un autre endroit et à un autre moment…)-Mise en place de stratégies cognitives: se souvenir que les envies sont brèves et que cela ne va pas durer, se répéter la liste de ses motivations, penser à autre chose de plaisant, auto-encouragement etc)-Mise en place de stratégies comportementales: changer de contexte, se lancer dans une activité brève, faire des exercices de relaxation respiratoire, parler à une personne soutenante…D’autres solutions non médicamenteuses peuvent également aider à contrôler les envies de fumer. Une revue systématique de la littérature ainsi qu’une méta-analyse récente ont montré que l’exercice physique diminue le craving. Une session d’activité physique de 5 mn entraine une diminution de la sensation de craving identique à celle obtenue avec un substitut nicotinique oral.


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