S’il est assez aisé de reconnaître une conduite très nuisible ou dépendante, il est par contre difficile de déterminer à partir de quel moment ou quelle limite on passe d’une consommation sans risque à une consommation nuisible. Il n’y a pas de deadline précise.
CRITÈRE DE GOODMAN
Goodman (1990) utilise plusieurs critères pour définir la dépendance avec produit ou sans produit :
Impossibilité de résister aux impulsions à réaliser un type de comportement ; sensation croissante de tension précédant immédiatement le début du comportement ; plaisir ou soulagement pendant sa durée ; sensation de perte de contrôle ; présence d’au moins cinq des neuf critères suivants :
1. préoccupation fréquente au sujet du comportement ou de sa préparation,
2. intensité et durée des épisodes plus importantes que souhaitées à l’origine,
3. tentatives répétées pour réduire, contrôler ou abandonner le comportement,
4. temps important consacré à préparer les épisodes, à les entreprendre ou à s’en remettre,
5. survenue fréquente des épisodes lorsque le sujet doit accomplir des obligations professionnelles, scolaires ou universitaires, familiales ou sociales,
6. activités sociales, professionnelles ou récréatives majeures sacrifiées du fait du comportement,
7. perpétuation du comportement, bien que le sujet sache qu’il cause ou aggrave un probleme persistant ou récurrent d’ordre social, financier, psychologique ou psychique,
8. tolérance marquée : besoin d’augmenter l’intensité ou la fréquence pour obtenir l’effet désiré, ou diminution de l’effet procuré par un comportement de même intensité,
9. agitation ou irritabilité en cas d’impossibilité de s’adonner au comportement.
les recommandations de l’OMS, un seuil est fondé sur le critère de risque différé et cumulatif : 21 verres standard par semaine (soit trois verres par jour sans dépasser cinq verres par occasion) pour un homme et 14 verres standard (deux verres par jour sans dépasser cinq verres par occasion) pour une femme. Une personne qui consommerait plus pourrait constater dans le futur des problèmes de santé avec un lien quelconque avec la consommation d’alcool.
Une consommation au dessus de ce seuil peut être nocive et constituer un risque immédiat dans certaines circonstances, par exemple en cas de conduite automobile. Le risque varie donc en fonction du contexte et de nombreuses caractéristiques du sujet : pathologies associées, modification de la tolérance du consommateur, âge, sexe, grossesse, états de fatigue, traitements médicamenteux…
SORTES D’USAGE
Beaucoup d’experts parlent de trois niveaux d’usages : usage simple (maîtrisé, sans dépendance), l’usage nocif (ou abus : on identifie des conséquences dommageables de la consommation mais il n’y a pas de dépendance) et la dépendance qui se manifeste par la perte de contrôle du sujet sur ses consommations. Certains ajoutent une quatrième catégorie : l’usage à risques, entre l’usage simple et l’usage nocif.
L’usage simple
L’usage simple est une consommation ponctuelle ou régulière qui n’induit pas de dommage aux niveaux somatique, psychoaffectif et/ou social. L’usager n’est pas dépendant, il module sa consommation en fonction du contexte dans lequel il se trouve et surtout il peut arrêter de consommer s’il le désire. L’usage simple ne protège cependant pas des risques situationnels et des conséquences judiciaires : accidents de la route, du travail, contrôles routiers, impact des consommations durant la grossesse…
L’usage à risques
Il s’agit d’usages pouvant potentiellement provoquer des complications aux niveaux somatique, psychoaffectif et/ou social, sans que celles-ci soient encore apparues comme dans le cas de l’usage nocif.
L’abus ou usage nocif
Cet usage est caractérisé par une consommation induisant des dommages repérables aux niveaux somatique, psychoaffectif et/ou social. A ce stade, l’usager peut moduler sa consommation en fonction du contexte et arrêter de consommer s’il le désire, mais il peut aussi être en difficulté pour arrêter plusieurs jours de suite. Dans ce type d’usage, des problèmes ou des conséquences négatives s’expriment.
ET COMMENT S’EN SORTIR ?
Comment faire pour arrêter de boire de l’alcool ?
La première chose à faire, c’est de reconnaître que l’on est devenu dépendant de l’alcool et que l’on souhaite ardemment se faire traiter. Souvent une aide extérieure est nécessaire pour mettre fin à une addiction à l’alcool. Vous pouvez commencer par consulter un médecin généraliste : il saura vous conseiller et vous orienter si besoin vers un psychologue ou un addictologue.
Il est donc très important qu’une évaluation psychologique soit faite et qu’un suivi soit mis en place afin de prendre en charge les troubles psychologiques ou psychiatriques fréquemment associés. Or, ceux-ci n’émergent bien souvent qu’au cours ou au décours d’un sevrage, d’où l’importance d’un suivi, afin de prévenir les rechutes et de tenter d’apaiser les souffrances par d’autres moyens que l’alcoolisation.


