Dans la majeure partie des cas, l’agresseur est un homme : un père, un beau-père, un oncle, un cousin. Mais il peut aussi s’agir d’un frère. Les victimes se sentent brisées
Sentiment de trahison, de honte, impression d’être salies, culpabilité à l’idée de ne pas s’être opposées à l’agresseur, envie de disparaître… Les victimes peuvent se sentir anéanties. Une partie d’elles reste figée à l’époque où le crime a eu lieu, comme morte. Le temps est gelé et leur identité se dissocie.
Parler est difficile pour les victimes, car l’agresseur effectue un brouillage psychique. Il se présente comme un représentant de la loi exerçant son pouvoir. L’enfant ne comprend pas bien ce qu’il subit, mais l’agresseur lui fait croire que c’est normal et conclut avec lui un « pacte secret ». L’inceste abolit ainsi tout repère, toutes limites, tout cadre.
D’un côté, les victimes refoulent l’horreur pour que leur vie se poursuive. De l’autre, elles peuvent adopter plus ou moins consciemment des conduites autodestructrices, ou s’identifier à l’agresseur, le parent parent aimé, et agresser à leur tour. « C’est pourquoi, en milieu scolaire, les conduites sexuelles en décalage avec l’âge d’un enfant doivent être un signe d’alerte, non de marginalisation.
La victime développe la méfiance à l’égard des gens en général en est la cause – et souvent pour à juste titre. Cet article explore les aspects psychologiques et interpersonnels de l’abus sexuel d’un enfant par un parent et son traitement, avec une emphase particulière sur sa relation au traumatisme de la trahison, la dissociation et le trauma complexe.
Les mauvais traitements infligés aux enfants par leurs parents, quels qu’ils soient, constituent une expérience particulièrement négative qui touche souvent les survivants à des degrés différents au cours de leur vie. Cependant, l’abus sexuel d’enfant commis par un parent ou un autre membre de la famille – c’est-à-dire l’inceste – est associé à des symptômes psychologiques et des blessures physiques particulièrement graves pour de nombre de survivants. Par exemple, les survivants de l’inceste père-fille sont plus susceptibles de se sentir dépressifs, meurtris et psychologiquement blessés que les victimes d’autres types de violences.
Les abus sexuels peuvent être des caresses, attouchements, pénétration génitale, fellation ou sodomie, agressions sexuelles anciennes non révélées.
Le fait d’avoir subi des agressions sexuelles a de multiples conséquences sur les victimes, le comportement et la santé, en réponse à l’absence d’aide face à ce drame non dévoilé ou non crû, il peut y avoir de la colère, de la révolte, un enferment psychologique, des troubles compulsifs alimentaires, les victimes ayant parfois refoulé leurs souvenirs ou contraintes au silence, le secret est tellement lourd à porter. « Parler c’est accuser » silence et secret protègent l’agresseur.
Souvent la victime n’ose pas révéler ce qu’elle a subie pressentant la catastrophe familiale que ses confidences vont entraîner, mais il n’y a pas de guérison possible sans que la vérité soit dite, les victimes ne font pas toujours le lien entre le traumatisme subit et les conséquences à long terme qu’elles subissent.
COMMENT S’EN SORTIR ?
Parler de l’abus
Le premier pas pour se reconstruire est de parler de l’abus subit, une fois la parole libérée la victime peut enfin aborder le traumatisme avec d’autres personnes et la révélation peut se faire ensuite en intra-familial.
Souvent, l’abus sexuel se perpètre dans un climat d’abus de confiance et de pouvoir, l’enfant se tait, son agresseur lui a fait croire qu’il l’aimait, que c’est lui l’enfant qui était demandeur, en déplaçant sur lui le poids de la culpabilité et de la honte.
Trouver sa vraie vie
Reconstruire une image positive de soi, réduire le sentiment d’isolement « je ne suis pas comme les autres » dépréciation, mésestime de soi, sentiment de peu de valeur, culpabilité. Continuer à vivre sa vie malgré les tords subis. Cela est un grand défis, mais vous y arriverez. Ne limitez pas votre vie à cette expérience.
Retrouvez son estime de soi
Les dégâts sur l’estime de soi sont très fréquents à la suite des agressions sexuelles (viols, incestes, attouchements…). Paradoxalement, beaucoup de victimes se culpabilisent et se dévalorisent, alors qu’elles n’ont fait que subir la violence. Le traumatisme psychique entraîne des troubles de l’identité, la perte de confiance en soi et en autrui, et d’autres souffrances encore. Il est primordial de consulter un thérapeute, voir un spécialiste de ces traumatismes psychologiques.
Voir un psychologue est bénéfique
Pour que des changements personnels soient authentiques et intégrés à sa vie, il est possible que la personne ait besoin de temps et d’aide pour explorer et mettre à l’essai d’autres comportements. Des services de psychothérapie offerts par un-e psychologue ou un-e psychothérapeute pourront contribuer à :
◊ réduire le sentiment d’isolement
◊ normaliser les réactions
◊ informer sur les conséquences liées à l’inceste
◊ aider à identifier et à exprimer les émotions
◊ reconnaitre et surmonter l’expérience traumatique
◊ remettre en question les distorsions cognitives
◊ modifier divers comportements au besoin
◊ ranimer l’espoir
Accepter l’amour
Parfois après l’inceste, la victime a tendance à rejeter la relation amoureuse, à prédire la souffrance qui s’en suivre, avoir peur que le partenaire découvre le fait. Mais justement accepter l’amour peut être une voie de bonheur, si vous trouvez une personne attentionnée, aimable et compréhensive. L’amour guérit de nos problèmes sans que l’on se rend compte.


