
L’annonce d’une maladie chronique est bouleversante. Dans les cas où le patient ne présente pas d’antécédents familiaux et ne s’attend pas à ce type de diagnostic, elle peut l’être davantage.
Une phase de révolte et d’incompréhension fait souvent suite à l’annonce de la maladie et peut durer plusieurs mois. Certaines affections nécessitent la consultation d’un psychologue puisqu’il est essentiel que le patient accepte sa maladie. Ensuite, il s’agira d’apprendre à vivre avec elle.
Eviter les situations de souffrance est un réflexe naturel qui nous pousse le plus souvent à prendre la fuite. Pourtant, il arrive parfois que certaines personnes acceptent de façon passive des situations insupportables, là où d’autres parviennent à y échapper.
Ceci s’explique par le fait que lorsque nous nous trouvons dans l’incapacité de contrôler ce qui nous fait du mal, nous finissons généralement par accepter la situation douloureuse, au point de ne plus tenter de la fuir même lorsque c’est possible. Par exemple, des individus à qui l’on a préalablement fait écouter des sons désagréables sans qu’ils ne puissent les stopper ou s’éloigner, ne vont plus chercher à les éviter dans une situation où pourtant cette possibilité leur est laissée.
C’est ce que les scientifiques appellent l’impuissance apprise. C’est-à-dire que, suite à un apprentissage négatif (par exemple, n’avoir aucun contrôle sur la diffusion de bruits désagréables), la personne placée dans une situation de stress intense considère comme inévitable l’issue de ses actions. Ainsi, la résignation et le désespoir semblent la rendre passive.
Les étapes de l’acceptation de sa maladie
Le proche, comme le malade, passe par de nombreuses étapes avant d’accepter la maladie.
Ces étapes sont normales et sont des passages souvent obligés.
Voici les différentes étapes de l’acceptation de la maladie :
- Le refus : le malade comme le proche est incapable d’accepter la maladie et la nie.
- La colère : cet état se traduit souvent par de l’agressivité du malade envers le soignant ou l’aidant. Elle est la traduction de l’angoisse face à la maladie.
- Le marchandage : il s’agit ici de tenter de résoudre la maladie par des solutions impossibles ou de rêver d’une guérison miraculeuse. Cet état permet la mise à distance de la maladie par rapport à soi.
- La dépression : étape plus difficile, la dépression est souvent un passage obligé tant pour le malade que pour l’accompagnant. Ce dernier qui aide depuis quelques temps déjà le malade commence à se renfermer sur lui-même et à ne plus savoir gérer la maladie alors que le malade devient de plus en plus dépendant.
- L’acceptation : dernière étape de ce processus, et la plus essentielle, l’acceptation se traduit par un état de calme où on accepte la maladie comme faisant partie désormais de sa vie.
Ces différentes étapes sont les mêmes pour le malade. Elles sont normales et il faut savoir les accepter. Il ne s’agit pas d’un manque d’amour pour l’autre mais seulement de l’aveu de la difficulté de vivre avec et pour un malade.
Le travail d’adaptation à la maladie est un processus normal, par moments difficile à vivre, mais qui permet au final de se retrouver, avec de nouveaux repères, de nouvelles valeurs et de nouveaux objectifs. Il permet de se réorganiser pour se recréer une nouvelle existence ayant tout son sens, certes avec la maladie mais pas uniquement avec elle ; tout malade ne se réduit en effet pas à sa maladie.
La psychologie et l’acceptation de sa maladie

la psychothérapie a souvent considéré la souffrance mentale ou physique comme un symptôme à éradiquer ou à contrôler afin de créer les conditions d’un retour à un meilleur fonctionnement de la personne. La therapie d’acceptation et d’engagement a un point de vue contraire. L’ACT est une thérapie contextuelle. La manière la plus efficace de la pratiquer va dépendre du contexte, non de recettes préétablies.
Le postulat de départ en thérapie d’acceptation et d’engagement est que la souffrance n’est pas signe de pathologie, mais une partie intégrante de l’expérience humaine. Nous sommes des êtres sensibles, nous ressentons le plaisir et la douleur. Aussi désagréables soient-elles, les émotions négatives sont utiles et s’inscrivent dans le fonctionnement normal de l’esprit. La peur, la colère ou encore la tristesse sont essentielles car elles nous alertent sur ce qui ne va pas. Une métaphore classique consiste à les comparer aux voyants sur le tableau de bord d’une voiture : si l’on ne tient pas compte du voyant qui s’allume, ou que l’on débranche le fil du voyant parce que cela nous déplaît, il y a de fortes chances pour que l’on casse le moteur… D’autre part, qu’on le veuille ou non, certains malheurs sont inévitables et nous rencontrons parfois des problèmes insolubles. Il suffit pour s’en convaincre de considérer la question de la mort et du deuil. Une fois de plus, la souffrance est inhérente à la condition humaine, l’éprouver n’est pas pathologique.


